Comment choisir ses chaussures de randonnée ?

Comment choisir ses chaussures de randonnée ?

juillet 20, 2021 0 Par Olivier Tonon

Vous baladez près de chez vous quelques heures ou vous aventurez en trek engagé, la randonnée reste une activité sportive nécessitant du matériels adapté. Parmi celui-ci, les chaussures demeurent l’élément de base, véritable interface entre votre corps et le terrain. Chaque type de chaussure à ses avantages et inconvénients. C’est pourquoi nous vous proposons quelques explications et conseils pour choisir ses chaussures de randonnée !

A noter, être bien chaussé c’est bien, être bien équipé c’est mieux ! Ça tombe bien, un article sur Quels matériels choisir pour partir en randonnée ? vous attends si vous souhaitez en savoir davantage.

Etape 1 : comprendre la composition d’une chaussure de randonnée 

Nous avons retenu trois caractéristiques majeures pour choisir ses chaussures de randonnée : la hauteur de tige, la semelle et la composition extérieure. 

La hauteur de tige 

Les chaussures de marche sont généralement catégorisées selon leur hauteur de tige. On dénombre trois hauteurs différentes. 

  • Tiges basses, la plus légère : la cheville est libre, donc très peu maintenue. Elle est la plus confortable dès les premiers ports et convient pour les courte distances. Elle est recommandée pour de la marche active sur sentier sécurisé et peu accidenté ou une marche d’approche en escalade ou via ferrata. Les chaussures de trail sont à tige basse, mais présentent parfois un maintien plus rigide au niveau de la cheville. 
  • Tige moyenne, la polyvalence : elle est un compromis entre une bonne tenue de la cheville et une légèreté préservée du fait de sa hauteur. Comme un produit intermédiaire, elle se destine à un usage polyvalent de randonnée sur sentiers faciles à moyens. Si vous souhaitez commencer ce sport ou si vous êtes un amateur occasionnel, ce sera le choix de la raison. 
  • Tige haute, le meilleur maintien : la tige haute maintient parfaitement la cheville. Elle est recommandée pour des sentiers engagés et difficiles ou à l’inverse pour un randonneur inexpérimenté et peu sportif. Elles sont indispensables pour des randonnées de plusieurs jours, avec des sacs à dos lourd où la fatigue peut faire perdre en attention et causer un faux pas. A ce moment-là, c’est votre jambe qui sera entraînée ou non seulement votre cheville !

La semelle 

La semelle est l’élément permettant l’adhésion de votre chaussure au terrain emprunté et assure en grande partie l’amorti de votre pied. Constituée de gomme de caoutchouc, voici les éléments différenciant à connaître : 

  • L’accroche : sur terrain glissant et mou (sable, neige, boue), l’accroche est assurée par des crampons serrés et profonds.
  • L’adhérence : sur terrain accidenté, mais dur (terre et roches), l’adhérence est permise grâce à des crampons larges et peu profonds. 
  • L’amorti : se joue selon la tendresse de la semelle. Plus elle est tendre, plus l’amorti et l’adhérence seront performants, mais la semelle s’usera plus rapidement qu’une gomme dure.
  • La rigidité/souplesse : est peut être le critère le plus simple pour choisir sa chaussure. Une semelle rigide est dédiée au trek, ou randonnée engagée. Une semelle souple favorise le déroulé du pied. Elle se destine à des sentiers moins longs, plus abordables pour des randonneurs ayant besoin de propulsion. 

Bien qu’il n’existe pas de mesure commune de la souplesse ou de la densité d’une semelle entre différentes paires, des noms référence sont bon à connaître tel que la semelle Vibram® (utilisé chez plusieurs marques), Contagrip® de Salomon® ou encore Michelin®.

Matériaux extérieurs : cuir ou synthétique ? 

  • Le cuir : durable, car résistant et naturellement imperméable, souple et respirant dans une moindre mesure. Sous forte chaleur, le synthétique aura l’avantage de laisser davantage circuler l’air. L’inconvénient majeur reste son entretien rigoureux. Il est nécessaire de le nourrir, de l’hydrater et de le traiter. Bien respectées, ses qualités seront quasi intemporelles.
  • Le synthétique : il prend la forme de nylon, kevlar ou polyester pour les moins solides. En comparaison, il a l’avantage d’être rapidement souple, plus léger et plus respirant. Toutefois, il faudra impérativement un traitement imperméabilisant régulier (des membranes Gore-tex, OutDry ou eVent Waterproof seront naturellement plus imperméables). Elles restent malgré tout beaucoup moins robustes que des chaussures en cuir. 

Quant au style, c’est une affaire de goût. En ce qui nous concerne, nous optons pour le cuir : matière naturelle, vous pourrez admirer son patinage au fur et à mesure des années !

Décomposition d'une chaussure de randonnée à tige haute
Décomposition d’une chaussure de montagne à tige haute

Etape 2 : définir son usage et son état de forme

Selon le type de randonnée, un modèle sera plus adapté qu’un autre. De manière générale, plus le sentier sera technique et long (donc avec un sac à dos plus lourd), plus les chaussures devront être rigides et lourdes pour assurer votre stabilité. 

Choisir ses chaussures selon la durée et la difficulté de la randonnée

  • Pour la balade (quelques heures, sentiers faciles) : quelques heures, sur un sentier tracé, facile, avec un sac à dos léger composé de votre eau et de quoi grignoter, des chaussures basses ou mi-montantes seront suffisantes. La légèreté et la souplesse sont à privilégier. Chaussures multi-activités (VTT, marche nordique), elle ne se substitue toutefois pas à des vraies chaussures de trail.
  • Pour la randonnée active (de 1 à 3 jours): il s’agit ici d’une marche soutenue en plaine, ou sur sentier balisé avec peu ou beaucoup de dénivelés en montagne. Des chaussures mi-montantes sont le meilleur compromis pour assurer souplesse, maintien et adhérence. Si vous partez pour 3 jours, optez pour une tige haute pour un meilleur maintien de votre cheville qui devra supporter un sac à dos plus chargé. 
  • Pour les treks ou grande randonnée (plus de 3 jours) : vous allez marcher plusieurs heures, plusieurs jours et osciller entre dénivelés positifs et négatifs. Les sentiers sont parfois accidentés et peu sécurisés (nevet, chute de pierres). Des chaussures montantes, rigides et robustes seront les plus adaptées. 

À noter, ce type de chaussure n’est jamais très confortable au premier port. Portez-les chez vous avant de partir, plusieurs heures, afin qu’elles se fassent à votre pied et éviter des ampoules lors de votre périple. 

Niveau et état de forme 

Choisir ses chaussures de randonnée implique d’analyser objectivement votre niveau en randonnée : à quelle fréquence je pratique la randonnée ? Depuis combien de temps ? Sur quels types de terrains ? De la même manière, vous devez évaluer votre état de forme. Ce diagnostic rapide vous sera demandé dans tout bon magasin. Attention, le choix de la tige ou de la souplesse ne s’opère pas de manière graduelle (plus je suis expérimenté, plus je peux prendre une tige basse.). 

Ainsi, une tige haute et une semelle rigide sont à préférer pour des débutants, sans condition physique particulière. Elles doivent aussi être choisies pour des randonneurs chevronnés partant sur plusieurs jours, sur des sentiers accidentés. 

À l’inverse, si vous êtes sportif, mais peu expérimenté en randonnée, vous êtes endurant et progressez vite, sans fragilité à la cheville, vous pouvez vous abstenir de chaussure à tige haute et rigide.

De belles chaussures de randonnée qui ont vécue
De belles chaussures de randonnée qui ont vécue

Etape 3 : essayer en suivant quelques conseils  

Après avoir quelque peu défini les caractéristiques de terrains, sélectionnez des chaussures en fonction de ce qu’il vous convient le mieux.

L’essayage 

Tout d’abord, enfilez une paire de chaussettes de randonnée (légèrement épaisses et plutôt montantes). Lorsque vous essayez la paire, vous ne devez sentir aucun point de pression. Bien que ce type de chaussure soit généralement rigide au premier port, elle ne doit pas être désagréable. Vous ne devez pas serrer les lacets de toutes vos forces pour que la chaussure tienne. 

À propos du laçage, trois sont possibles : le laçage classique (comme sur n’importe quel chaussure), le serrage rapide où vous n’avez qu’à tirer sur vos poignets (fréquents sur des chaussures de trail) et enfin le plus adapté à la randonnée, les lacets avec crochets bloquant. 

La pointure 

  • Dans l’idéal, essayez vos chaussures de randonnée en fin de journée, lorsque votre pied a pu légèrement gonfler. 
  • La chaussure doit être 1 à 2 cm plus longue que votre pied, jusqu’à 10 mm plus large que la largeur de l’avant-pied. 
  • Vous devez tout juste passer un doigt derrière votre talon.
  • Lorsque vous marchez, lacets fermés, votre talon ne doit pas ou quasiment pas décoller de la semelle.
  • Si vous hésitez entre deux pointures, choisissez la plus grande : vos pieds gonflent au cours de la marche d’une part, et il est possible de glisser une semelle de manière à personnaliser la taille d’autre part. 

La légèreté

Enfin, la légèreté d’une paire de chaussures est tout sauf un détail après une journée de 7 h de marche. Une chaussure légère sera un gage de confort, bien qu’une chaussure à tige haute sera nécessairement plus lourde qu’une à tige basse. Compter 400 g pour ces dernières jusqu’à 1000 g pour des chaussures d’alpinisme à tige haute et semelle rigide. Passez votre chemin au-delà !

Conclusion 

Pour choisir ses chaussures de randonnée, notez bien que seul l’essayage (privilégiez en magasin) pourra valider votre paire ! Définissez votre niveau, définissez votre usage – de la découle quelques caractéristiques techniques – puis essayez ! Par ailleurs, choisissez selon une utilisation moyenne. Ces chaussures ont un coût, mais peuvent durer une dizaine d’années !